Pierre Giner

/ vit et travaille à Paris et ailleurs

 

Artiste inclassable et facétieux, globe-trotteur impénitent, Pierre Giner a fait des nouvelles technologies, de la vidéo, de la téléphonie mobile, des sites web et des jeux vidéo, son espace d’expression. Ses projets reposent sur des contenus narratifs ou thématiques où information et interactivité, critique et romance, linéarité et discontinuité, sens des lieux, des usages et des situations, s’allient pour déployer le théâtre de la fiction. Il confronte toujours outils technologiques et problématiques contemporaines pour proposer des oeuvres jouant du décalage, de la re-mise en scène et du détournement.

Ainsi, bien avant l’interdiction de la cigarette, il imaginait « Ça dure un peu », une cigarette digitale qui se consume d’un clic, un classique du web et de l’art-réseau. Ensuite, il a réalisé « Le bruit des avions », un singulier simulateur de vol en perdition (2002), « keep the distance » (2002-2007), un jeu de voiture hanté par l’imminence de l’accident, « Elsewhere Japan », une dérive urbaine au Japon, paysage visuel et sonore saisie au travers d’un téléphone portable (2003, villa Kujoyama), « Misc_spaces » (2004) un musée virtuel réinventant la collection d’art contemporain du FRAC Champagne Ardennes, « Talksaver », une transcription de la parole live en images pour la biennale de Venise (2005) et « Misc_stories », un dispositif multimédia sur le travail de l’architecte Patrick Bouchain pour le Pavillon Français à la biennale de Venise (2006).

C’est pour célébrer les 20 ans du Festival International de Mode de Hyères qu’il a ramené de Corée le logiciel 3D d’apprentissage de la danse à l’origine de son installation « I-Dance » (2005-2008). Présenté à la Nuit blanche 2007, « I-Dance » est le prototype in progress d’un outil pour VJ’s (les DJ’s de la vidéo) donnant vie à d’inlassables danseurs virtuels. Entre Hongrie et Espagne, Grande-Bretagne et Corée en 2008, ce projet, conçu comme un laboratoire nomade, un lieu de collaboration artistique, se développe avec la contributions des musiciens, chorégraphes, architectes et designers de mode, invités à investir le dance floor idéal.

En 2010, Pierre Giner est le commissaire artistique de MuseoGames, dont il a imaginé la scénographie et le concept.

Annick Rivoire // Poptronics.fr